26.2.09

"L'été, les familles descendaient toutes dehors"

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Mémoire de Sainte Jeanne, Cannes Mai 2009. a dit…

Bonjour, je m’appelle Aïdaoui Rachida, depuis l’âge de 2 ans j’habite dans le quartier La Frayère. Je suis allée à l’école ici, mes parents sont venus, pas par choix, parce qu’on leur a proposé, l’immeuble n’était pas fini. Au-dessus, ils étaient encore en construction. J’ai été à l’école primaire de La Frayère. Dans le quartier, j’avais pas trop d’amis. J’habitai dans le bâtiment A et donc je jouais avec les enfants qui habitaient dans mon quartier sans trop traîner tout autour. Mon père est arrivé très jeune, il a commencé à travailler à Paris après sur Cannes, à Grasse là il a trouvé un boulot stable donc ma mère est venue le rejoindre avec ma grande sœur qui était déjà née et de Grasse, on est passé au Cannet, on est resté trois ans au Cannet et quand j’avais l’âge de deux ans, on est arrivé ici. J’ai rien fait de spécial à part rester à la maison et jouer en bas, ma mère nous laissait pas trop sortir. Je connaissais tout le monde, pas de bêtises, toujours à la maison ou devant l’immeuble, mes parents nous regardaient par le balcon et après c’est tout.
Je connaissais qu’il y avait une MJC là bas, j’y suis allée deux fois avec ma grande sœur pour voir un film le soir, mais après comme disait Jean Jacques il ne me connaissait pas parce que je n’y allais jamais. On n’y allait jamais. J’ai toujours habité là. On était 9 filles donc on jouait tous ensembles toujours. Y avait deux familles qui habitaient aussi dans notre immeuble qui avait un peu près notre âge, on jouait en bas de l’immeuble et c’est tout. Sinon on avait une femme en bas qui nous faisait faire les devoirs parce que mes parents ne comprennent pas trop bien le français, donc on a fait nos devoirs avec cette dame et puis voilà on sortait pas de là. Et l’été, c’était colonie de vacances ou nos parents nous emmenaient avec eux en Tunisie.
Ça va plus faire quartier jeune ça va plutôt faire résidentiel, l’été les familles descendaient toutes dehors, les enfants jouaient, les parents… on était tous ensemble, on parlait de tout mais là avec la route qui va passer au milieu, cela va éparpiller tout le monde. Les gens pourront plus descendre comme avant, y a pas de sécurité, y aura la route en plein milieu qu’avant tout le monde était là justement dans ce coin là où la route passe maintenant, ils descendaient avec leur chaises, leurs table, y ramenaient quelque chose, mangeaient tous dehors, maintenant non, on pourra plus faire ça.