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Les habitants de Sainte Jeanne sont invités à publier et commenter leurs témoignages évoquant la mémoire du quartier : documents anciens, photographies, vidéos, récits-souvenirs d'événements de la vie dans la résidence...
Pour le moment en nous envoyant vos photos et commentaires à l'adresse mail : saintejeanne06@gmail.com
2 commentaires:
Je me présente Noré Mezouar. Je suis né dans ce quartier ça fait 29 ans. Mes parents sont venus dans les années 75 et donc on a commencé à vivre à Dondon c’est à côté de la Roquette sur Siagne, une petite ville, un village même on peut dire et mon père en fait a construit les immeubles de Sainte Jeanne, il était grutier, il a participé à la construction du quartier et une fois que les bâtiments étaient construits, il a même était un des premiers à choisir à quel étage il voulait être parce que tous les appartements étaient neufs. Il a choisi son appartement. On était au rez-de-chaussée dans un F3 au bâtiment C donc, on a passé 4, 5 ans dans ce bâtiment là et comme la famille s’est agrandit, on est 5 frères et sœurs dans la famille, on est passé sur un F5 au bâtiment A donc pas loin d’ici. J’ai passé mon enfance à Sainte Jeanne. Moi personnellement, c’est un quartier qui m’a plut dans mon enfance parce qu’il était grand vaste et il y avait une séparation au niveau de la rivière qui faisait que quand on était petit il fallait pas aller de l’autre côté du quartier, c’était la limite et donc on ne connaissait pas trop ce qu’il y avait de l’autre côté du quartier. C’était un peu mythique, c’était sympa. Donc on jouait, je restais avec mes copains avec le bâtiment A, B, C. c’était les trois bâtiments qu’étaient devant. Y avait le D aussi. On a grandit comme ça dans la joie et la bonne humeur, on jouait avec des bâtons, des morceaux de bois, on s’éclatait bien c’est pas comme aujourd’hui les Playstations, les ceci les cela, c’est une autre époque, une autre dimension et on s’en portait pas plus mal, ça se passait super bien.
Moi je restais aussi avec des jeunes des Caravelles, un quartier voisin, la séparation c’est toujours les Buissons Ardents et il y avait toujours cette petite rivalité entre les jeunes de La Frayère parce que nous c’est toujours resté la Frayère, ça restera toujours la Frayère même si c’est résidence Sainte Jeanne c’est toujours la Frayère. Il y avait toujours cette petite rivalité entre les jeunes de La Frayère et les jeunes des Caravelles, qui n’existe plus maintenant d’ailleurs j’ai pu le constater. Ya une mixité maintenant qui s’est faite mais à l’époque c’était une vraie rivalité à tous les niveaux. Rivalité dans le bon comme dans le mauvais, c’était les mecs de la Frayère donc y avait une identité, une image à défendre, c’était les jeunes des Caravelles, eux aussi ils étaient dans le même état d’esprit. On faisait des tournois de foot, on faisait des équipes, on se mettait en concurrence, on allait sérieux au contact pour défendre notre emblème. C’était bon enfant. D’ailleurs, au fil des années dans mon adolescence on le sentait plus parce que moi je restais aux Caravelles, beaucoup de jeunes venaient à la Frayère. et aujourd’hui en tant que professionnel dans le quartier, j’interviens dans l’animation, je vois qu’il n’y a plus cette barrière qui avait à l’époque qui était sympa. C’était une ambiance saine. Aujourd’hui il y a une mixité qui se fait à tous les niveaux. Ce qui était étonnant j’avais une assistante qui s’occupait des enfants avec le maitre qui s’appelait Denise et elle m’a eu petit donc quand j’ai emmené mon fils c’est vrai que pour elle ça était un choc déjà, là cela lui rappelait des années et moi aussi ça m’a fait plaisir, j’ai eu tout de suite confiance, elle a été contente de me voir moi aussi j’étais content de la voir. Et c’est vrai que pour le petit c’était bien. C’est là qu’on sent aussi qu’on passe un cap, un moment de la vie et c’est intéressant. Et que ce soit à La Frayère, à l’école de La Frayère pour moi c’est symbolique, c’était important.
Par rapport à la musique, j’ai commencé au Collège, j’étais collégien, on écoutait IAM, y avait NTM bon moi c’était plus IAM, Marseille c’était plus proche et cela me plaisait leur courant musicaux. Et de là j’écrivais et puis on a fondé un groupe en 95 qui s’appelait « Couleur unique » c’état le premier groupe pas de la région PACA mais presque du 06, à Nice je sais pas. De la Région on était le premier groupe, on a fait un concours Défi jeunes pour essayer de sortir un album, un maxi, un cinq titres et on est parti le défendre à St Raphaël, à Boulouris exactement et on a gagné le concours.
Mes deux parents ils viennent du même endroit, moi je suis d’origine algérienne, de Tlemcen, c’est la frontière marocaine. Ils se sont mariés dans le même village, ils sont partis ensemble c’est mon père qui a été appelé à l’époque où il y avait une forte demande pour construire dans les années 70. il a été appelé, ma mère la suivie. Et puis, ils sont venus vivre ici. Ma mère et mon père ils avaient un certificat, à l’époque c’est un certificat l’équivalent du Bac en France et les anciens ils connaissent ça. Ils parlaient français, j’ai eu la chance que me parents parlaient bien le français aussi mes deux parents, d’ailleurs aujourd’hui je parle pas très bien l’arabe, malheureusement, par rapport à mes origines parce l’intégration c’est bien moi je suis français je me sens français mais bon voilà, j’ai une histoire aussi et c’est l’histoire qui fait l’homme.
J'ai envie de prendre la relève depuis que mes enfants sont adultes et qu'ils ont formé une famille pour s'occuper des enfants qui sont à la maternelle jusqu'au primaire avec les mamans qui ne travaillent pas. Cela permet d'aider les futurs mamans qui sont en bas âge, de créer du lien, de faire des activités de toutes les cultures pour pouvoir s'occuper, transmettre les histoires, préparer les plats de tous les pays. Quand je vois mon fils, je suis fier de lui et j'espère qu'il donne cet héritage à ses enfants.
Je suis Fatima, la maman de Noré.
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