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Les habitants de Sainte Jeanne sont invités à publier et commenter leurs témoignages évoquant la mémoire du quartier : documents anciens, photographies, vidéos, récits-souvenirs d'événements de la vie dans la résidence...
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1 commentaire:
Je suis Madame Even, pharmacien avec mon époux, nous sommes deux pharmaciens d’officine à la pharmacie des résidences Sainte Jeanne. Nous sommes arrivés en 1987, nous avons pris la succession de monsieur Wanish qui avait fait la création une douzaine d’années avant, dans les années 73, 74 je crois. Et nous avons donc pris sa succession et nous sommes là encore 22 ans après bientôt, cela va faire 22 ans le 1er novembre. Nous sommes arrivés de Bretagne où nous avions chacun un officine les 5 dernières années et auparavant nous exercions tous les deux dans le même village. Moi, je venais de Rennes et lui d’un petit village et nous avons réuni nos compétences pour tenir cette pharmacie ensemble. Et quitter la Bretagne a été difficile parce que nous avons quitté tous nos amis, toute notre famille mais c’était un pas que nous voulions franchir tant que nous étions encore jeunes car le Sud nous attirait, nous intéressait pour son climat, etc. L’ambiance a été très différente de celle que nous connaissions parce que nous avons quitté une Bretagne où la population était plutôt bon enfant surtout à la campagne. Nous sommes arrivés ici dans un quartier dont nous ne connaissions pas si vous voulez, les difficultés relationnelles avec surtout la jeunesse, sinon nous avons trouvé des familles très sympathiques qui étaient là au tout début du quartier, quand le quartier s’est érigé. Je crois qu'il s’est érigé sur des marécages, on m’a dit, avant que ça ne démarre, c’était un marécage qui était là où il y a la frayère, le petit cours. Et donc au début, c’était comme tous les quartiers, très très bon enfant, très sympa puis ça s’est un petit peu durcit mais nous avons conservé et nous avons encore des familles d’origine qui nous ont raconté un petit peu au fur à mesure tout ça.
Depuis 22 ans que nous sommes là, nous avons connu des enfants qui n’étaient pas encore nés et qui sont maintenant des grands adolescents et même des jeunes adultes et puis nous avons vu hélas des gens partir. Alors nous faisons un peu partis de la famille et réciproquement. Même des personnes un peu difficiles, on fait parti un peu de leur famille, ça c’est sur. Nous sommes restés jusqu’au bout. Alors quand nous sommes arrivés, il y avait une boulangerie, une épicerie, une boucherie et une librairie papeterie. La librairie papeterie était tenu par Monsieur Laured qui nous a quitté hélas brutalement un dimanche de maladie subitement, peut être qu'il s’est pas assez bien soigné enfin bref, brutalement il nous a quitté et c’est sa femme qui est venue prendre la succession et elle a été très courageuse, elle restait ouverte entre midi et deux heures, enfin elle s’est donné un mal fou et puis ça s’est terminé, elle n’a pas pu continuer pour raison de santé, alors je crois que c’est elle qui a fermé la première. Après nous avons eu je crois que c’est le boucher qui a fermé le deuxième alors on a eu une succession de personnes, c’était pas toujours les mêmes propriétaires, ni dans l’épicerie, ni dans la boulangerie, ni à la boucherie. Ils se sont succédés, ils sont partis alors l’épicerie a terminé son activité parce que les gens qui la tenaient étaient arrivés à la retraite et il n’y a pas eu de repreneur. La boucherie a eu des repreneurs, et s’est éteinte également. Et puis la boulangerie, c’est récent, il y a eu un petit circuit de personnes qu’ont prit, qu’ont arrêté, pis là c’est terminé alors il y a plus que nous. Nous sommes les piliers. Et puis nous n’avons pas l’intention d’arrêter avant la retraite parce que nous en avons l’âge donc si nous arrêtons, c’est que ce sera la retraite donc ça sera repris par d’autres qui nous succéderont, qui reprendront le flambeau et c’est pas destiné à rester ici puisqu’il y a un transfert qui est prévu. Le quartier étant en rénovation vous le savez, il y a beaucoup de travaux de débutés d’ailleurs mais nous sommes les derniers je suppose en date dans la rénovation. Il y a un petit ralentissement du fait de la conjoncture qui n’est pas très bonne. Je pense que dans les 3 ans maximum, ce sera fait et nous devons être transféré plus sur le grand boulevard, le boulevard avenue des Buissons Ardents. Voilà et ce sera sympathique parce qu’il est prévu de regrouper toute la partie médicale : les médecins, les infirmières, pharmaciens et dans des bâtiments qui sont déjà dessinés d'ailleurs et ça, ça sera bien pour le quartier et également pour les professionnels en question.
Alors nous serions transférés sur l'avenue principale, l'avenue des Buissons Ardents puisque là nous sommes dans une impasse, dans un cul de sac puisque la route ne s'ouvre pas actuellement et donc nous serions transférés là où il y a des parkings à l'extérieur, un petit peu en hauteur et cette maison médicale serait à ce niveau là et il y aurait possibilité de garer les voitures, il y aurait possibilité de nous regrouper, je pense que ce serait une maison à étages d'ailleurs ; peut être plus tard il pourra y avoir kinésithérapeute, laboratoire si ça pouvait bien marcher alors voilà.
Dès que je suis arrivée, j'ai commencé à faire des vitrines de Noël, des vitrines de Pâques et pis petit à petit y-a eu les vitrines de Carnaval, les vitrines de l'été : les foins, la mer. Ce qui fait qu'il y a six ou sept vitrines différentes et comme nous sommes sur le parcours de l'école alors c'est mon cadeau que je fais aux gamins de l'école. On distribue pas des échantillons ou des bons ceci celà mais c'est mon cadeau aux enfants du quartier. Alors c'est super sympa parce que quand on a commencé à faire cette vitrine, d'abord ils attendent la suivante : "quand est ce que vous faites la vitrine?" bon la suivante et puis les petits quand ils rentrent, surtout quand c'est celle de Noël, quand ils sortent de l'école et qu'elle est finie, on entend "Boum", parce qu'ils regardent la vitrine d'un peu près et pis, on voit tous les petits doigts et voilà, c'est sympa. On a eu dèsfois des enfants qui voulaient retrouver toujours la même chose dans la vitrine. Alors à une époque il fallait que je mette toujours des moutons dans toutes les vitrines parce qu'il y avait une petite fille qui s'arrêtait pour voir les moutons alors Pâques, Noël, fallait que les moutons soient là. voilà donc ça cela a créé une convivialité quand même quelque part parce que c'est devenu un rite, un rituel quelque part dans l'esprit des gens. Et je peux vous en montrer quelques unes. Alors desfois on reprend les mêmes fournitures mais on les dispose différemment, alors desfois les nuages ils se sont retrouvés en haut, desfois ils se sont retrouvés avec les montagnes, voilà. Alors souvent la plus petite vitrine je l'a laissé faire à une préparatrice à l'époque qu'était un petit peu moins penchée sur la décoration compliquée et puis maintenant, j'ai une préparatrice qui m'a fait la dernière de Pâques, non pas de Pâques, de Carnaval et de Noël, elle dépasse son maître alors là je trouve cela génial. Elle apporte des nouvelles idées. Je ne vais pas toutes vous les montrer parce qu'il y a le Carnaval, l'été, les foins, y-a Halloween, la rentrée scolaire, voilà je sais pas si tout vous intéresse m'enfin on risquerait d'y passer peut être trop de temps.
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