1.4.09

Maguy et Fabienne : (avant) "Une MJC, c’était une Maison des Jeunes et de la Culture. Rien que ce mot, ça voulait dire tout."

1 commentaire:

Mémoire de Sainte Jeanne, Cannes Mai 2009. a dit…

M- Je m'appelle Maguy Teisseire, je travaille dans le quartier depuis 25 ans environ. Je travaille sur la maison de l'enfance Ferme Giaume Cannes Jeunesse. Alors avant d'être sur la ferme Giaume, nous étions dans les Mille club, tu te rappelles des Mille Club.
F- Oui, moi je suis arrivée sur les Milles Club en septembre 1985, voilà et depuis je suis toujours sur le quartier, enfin je travaille à la MJC Ferme Giaume. Maintenant plus particulièrement sur les 12-17 ans.
M- Il s'en passait des choses dans les milles club, y-avaient plusieurs secteurs, y-avait le secteur animation avec de la danse, du yoga, de la gym, des films, du sport, y-avait le secteur sport avec du foot, le foot brésilien.
F- Ben le foot brésilien, je pense c'est important d'en parler puisque je crois que c'est la MJC La Frayère puisqu'à l'époque elle s'appelait comme ça qui a lancé effectivement cette activité en tout cas, j'ai envie dire en France, mais en tout cas sur le bassin cannois. C’est Mado Lopez.
M- C'est Mado Lopez, il était parti au Brésil pour ramener ce concept ici et on était les premiers sur Cannes à mettre en place le foot en salle. Après il y a eu le tennis qu'on faisait dans le coeur du quartier avec le terrain, on faisait ça le soir entre 8 heures et 10 heures on faisait du tennis, les gens qui venaient faisaient du tennis. Donc c'est vrai que le quartier n'était pas comme il est maintenant c'était plus un quartier où il y avait des choses qui se passait le soir, de l'animation, des loisirs. Les grandes fêtes que l’on faisait.
F- Carnaval y-a eu des grandes fêtes au niveau du carnaval. Les feux de la Saint Jean, les châtaignes, les journées d’automne.
M- C’était des grandes grandes manifestations qu’on faisait dans le terrain vague de la piscine, avec des orchestres, accordéon, voilà et toutes les fins d’années on faisait un grand spectacle à la Licorne de 2, 3 heures de spectacles. C’était le bouquet final…
F- …de toute une saison des activités et à l’heure, régulière dans notre jargon et avec aussi les enfants et les ados.
M- Il faut pas oublier aussi qu’on a été les premiers à mettre en place l’aide aux devoirs avec le F.A.S. c’était une subvention qu’on avait. Donc on était les premiers à Cannes à mettre en place des aides aux devoirs pour les enfants qui fréquentaient le primaire et le secondaire. Donc ils venaient le soir après l’école et on participait aux devoirs. Ce qui faut savoir c’est que c’était un travail très associatif. On a été au cœur de la dernière réhabilitation du quartier donc avec pleins d’associations qui ont travaillé là-dessus. Y-avait un noyau associatif très très fort à une époque et puis bon, la vie elle fait que ça devient un peu moins riche de ce côté-là.
F- C’était une fabrication, fin moi j’appelle ça de la tôle ondulée, c’était deux grandes surfaces, de 100 m² chacune, qui étaient bien évidemment du provisoire comme beaucoup de choses et qui à un moment donné au vue je dirai, d’une certaine réaction avec les jeunes, fin en tout cas certains jeunes, qui a brûlé et c’est vrai que quand on est parti puisque bon il n’y a pas eu la volonté de reconstruire puisque ça a brûlé, ça a brûlé complètement. Du coup c’est comme si on enlevait un peu un des poumons du quartier et on nous a pas mis loin pourtant. La ferme Giaume n’est pas loin, mais y-a ce pont, y-a le pont à traverser. Fin du coup on était plus identifié, moi qui parfois croise des gens. « Ah tu travailles où ? » - « bah à la MJC Ferme Giaume » - « ah bon ».
M- Alors maintenant on est un peu plus éclaté, y- a plus une MJC avec toutes les activités qu’il y avait. Y-a un peu moins de richesses culturelles peut être, et y-a un centre de loisirs. Avant le centre de loisirs était rattaché à la MJC, maintenant le centre de loisirs est détaché de la MJC. Donc y-a un autre centre de loisirs ailleurs. Les gens sont un peu moins motivés, faire parti d’une association, c’est un peu plus difficile. Parce que faut pas oublier que ce soit MJC que ce soit Cannes Jeunesse, on est pas « ville », on est associatif et pour faire marcher une association, pour qu’elle marche, il faut qu’il y est des bénévoles et donc il faut qu’il y est des gens qui aient envie et je pense que maintenant c’est un peu plus difficile de rentrer dans ces cadres-là. Y-a moins de bénévolat, y-a moins d’associations, y-a moins de projets. Voilà maintenant on demande aux gens d’aller dans des clubs, d’aller dans les associations, chose qu’on faisait avant, on était quand même sur le terrain. On faisait beaucoup de terrain. C'est-à-dire qu’on allait au devant des jeunes, maintenant on demande aux jeunes de venir vers nous. Donc il y a peut être une différence là aussi.
F- ben moi j’ai envie de croire que si on ne les a pas un moment donné, à partir de mettons, de 15 ans, ça veut dire que justement ils ont quand même quelque part acquis de l’autonomie et de la responsabilité. Après il y a ceux effectivement, alors moi je vais les appeler les troublions, c'est-à-dire ceux qui posent, qui ont plus de difficultés je dirai à accepter peut être le monde des adultes aussi, qui vont être peut être dans la révolte et qui vont le faire savoir, ceux là effectivement même si… à un moment donné, oui on peut aller vers eux, enfin nous ce n’est pas notre mission puisqu’on est quand même sur de la prévention générale et cela nécessite par moment… moi je vois quand même sur certaines actions, j’ai des limites, nous avons des limites aussi donc, il faut savoir aussi faire le relais justement par d’autres biais que ce soit de la prévention spécialisée par SPI, des choses comme ça.
M- Ce qu’il y a c’est que ce n’est plus une mission de MJC, ni de Cannes Jeunesse. C’est plus notre mission. Une MJC c’était une Maison des Jeunes et de la Culture. Rien que ce mot, ça voulait dire tout. Maison des Jeunes et de la Culture, c’était énorme. Maintenant on est plus, y-a une MJC mais c’est, on a plus les mêmes orientations et les mêmes demandes par rapport à la Ville. Donc là on est sur des marchés et les marchés, c’est accueillir tant d’enfants et puis pas s’occuper d’autres choses.