1.4.09

Soeur Marie France : "il y en a qui ont beaucoup transpiré pour ce quartier. Mais je crois que toutes, nous l'avons aimé."

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Mémoire de Sainte Jeanne, Cannes Mai 2009. a dit…

Je m'appelle Soeur Marie France Cochet mais c'est sous le nom de Soeur Marie France que j'ai été connu dans ce quartier. Je fais partie de la communauté des Soeurs auxiliatrices qui sont arrivées en 1975 dans le bâtiment A, donc cela a toujours été une petite communauté et différentes soeurs ont participé aux activités de quartier et aussi sur toute la Bocca. Pendant vingt ans en fait, j'étais de 1977 à 97 au service de la communauté chrétienne, beaucoup pour la Catéchèse où d'innombrables petites équipes se sont montées dans le quartier pour les enfants du CE1, CE2, CM1. Notre présence a fait que beaucoup de petits groupes d'enfants et d'adultes qui se sont regroupés dans ce quartier qui était très vivant. Et puis j'ai travaillé beaucoup à la MJC La Frayère donc aussi pendant une douzaine d'années, animation des jeunes, j'ai même fait la cuisine, ce qui fait que j'ai vu des enfants grandir dans le quartier. Moi j'étais heureuse de venir dans un quartier simple, vous voyez, je ne désirais faire ma carrière dans un quartier riche. Donc déjà j'ai rejoins des gens qui étaient de toutes conditions, de toutes couleurs, et j'y étais à l'aise et c'était agréable pour moi de voir des personnes qui savaient quelque fois à peine le français, d'origine portugaise ou tout ça et qui dans les réunions de petite taille, quelque fois dans notre salle de séjour, prenaient la parole, s'exprimaient. Et c'était bien un peu le but que les gens autour nous soient plus heureux. Donc qu'une maman devienne plus maman, que chacun soit heureux et on a surement toutes travaillé à ça. Moi j'étais plus catéchèse donc et MJC mais il y a des soeurs qui ont travaillé avec la PMI, y-a des soeurs qui ont travaillé avec Parcours de femmes, y-a une autre soeur qui a fait beaucoup d'alphabétisation. Nous avions souvent un travail, si on peut dire, enfin une action au niveau religieux et au niveau de la vie du quartier. Y-a une soeur qui a été très active pour l'Amicale des locataires. Oh oui il y en a qui ont beaucoup transpiré pour ce quartier. Mais je crois que toute nous l'avons aimé.
Ben vous savez je crois que y-a des personnes qui ont des difficultés avec tout le monde, hein aussi, nous on a eu des relations avec le voisinage qui ont été vraiment positives avec portugais, espagnol, magrébins. Moi du fait de la MJC, j'ai connu bien des magrébins donc quand il y a eu une quête pour rapatrier une maman au pays au moment de son décès, on a donné. Il y a toujours eu quand même une certaine solidarité dans le quartier. Moi je vois nous, nous avons eu une voisine qui avait beaucoup beaucoup de difficultés de familles et bien il y a une soeur qui descendait régulièrement l'aider, même pour s'occuper des enfants le soir et tout. Bon à un moment donné dans notre bâtiment il y avait 88 enfants, dans notre bâtiment. Et puis après ils ont grandit et ça j'aime mieux vous dire les jours de fête, Noël, tout, y-avait de l'ambiance dans le bâtiment. Moi j'ai aussi emmené des enfants en camps quelques jours, on allait à Notre de Dame Laghet, on partait à six-huit, donc nous étions deux ; alors là c'était au niveau de l'action catholique des enfants et c'étaient des enfants qui enfin sortaient du quartier et ils en gardent des souvenirs parce qu'on menait une vie familiale pendant six, sept jours et je me souviens d'une enfant qui était l'aînée d'une famille de 7 et elle s'était assise sur une chaise longue à Laghet et elle a dit : "Que ça me fait du bien de me reposer!". J'avais été frappé de cette expression d'enfant, qui avait 12 ans et qui était fatiguée de s'occuper de ses petits frères et soeurs. Donc tout ça, ça crée des liens après. Nous avons eu aussi, avant qu'il y est le RMI, y-a des gens qui souffraient vraiment de la faim dans le quartier et nous avions une sorte de petite épicerie, c'est à dire que nous recevions de la ville une somme d'argent chaque mois et les personnes qui avaient trop honte d'aller même au secours catholique ou je sais pas où, venaient et c'était un réseau qui était lié aux personnes qui nous disaient : "vous savez j'ai rencontré telle dame, elle va venir, elle n'osait pas mais je lui ai dit allez y". C'était un réseau tout à fait parallèle si on peut dire mais de quartier. Les gens disaient "vous pouvez aller chez les soeurs elles ont quelque chose de la mairie" donc c'était pas vraiment nous. Alors il y avait une soeur qui allait faire les courses et puis elle revenait avec ces paquets et ça distribuait. Et une année y-a une chose extraordinaire une personne qui avait dans sa propriété des oranges, des orangers vous savez quand c'est la saison, elle nous a apporté une poubelle pleine d'oranges et ça a été distribué dans le quartier. C'est des bons moments, ça s'est sur. Et souvent les personnes, elles disent : "Quand vous étiez là, c'était un lieu de paix".